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Représentation au Luxembourg
  • Communiqué de presse
  • 4 novembre 2025
  • Représentation au Luxembourg
  • 12 min de lecture

Le paquet Élargissement 2025 montre les progrès accomplis vers l’adhésion à l’UE par les principaux partenaires de l’élargissement

Participation of Ursula von der Leyen, President of the European Commission, in the meeting of the European Council

La Commission européenne a adopté aujourd’hui son paquet Élargissement annuel, qui présente une évaluation complète des progrès accomplis par les partenaires de l’élargissement au cours des douze derniers mois. Le paquet 2025 réaffirme que la dynamique de l’élargissement figure au premier rang des priorités de l’Union. Il confirme également que l’adhésion de nouveaux États membres est de plus en plus à portée de main.

Rester cohérent et suivre une approche fondée sur le mérite est essentiel pour une accession réussie. Le Monténégro, l’Albanie, l’Ukraine, la République de Moldavie, la Serbie, la Macédoine du Nord, la Bosnie-Herzégovine, le Kosovo, la Turquie et la Géorgie poursuivent leur trajectoire respective vers l’UE. Le rythme de leurs réformes, en particulier dans les domaines de la démocratie, de l’état de droit et des droits fondamentaux, a une incidence directe sur la rapidité de l’adhésion. Ces avancées profitent à la fois aux futurs États membres et aux États membres actuels de l’UE, en favorisant la prospérité, la démocratie, la sécurité et la stabilité, tout en ouvrant de nouvelles possibilités pour les citoyens et les entreprises, telles que les investissements stratégiques et l’ouverture du marché unique.

Ces évaluations, accompagnées de recommandations et d’orientations sur les priorités en matière de réforme, fournissent une feuille de route pour les partenaires de l’élargissement en vue de l’adhésion à l’UE. L’intégration progressive des pays candidats dans le marché unique renforce les liens avec l’Union avant leur adhésion. L'élargissement étant un objectif politique clair de ce mandat, la Commission s'engage à veiller à ce que les pays candidats soient prêts et à ce que l'UE soit prête à les accueillir.  À cet effet, une communication sur les révisions approfondies des politiques et sur les réformes sera présentée prochainement.

 

Principales conclusions

Le Monténégro a réalisé des progrès considérables sur la voie de l’adhésion à l’UE et a clôturé quatre chapitres de négociation au cours de l’année écoulée. L’engagement pris par le Monténégro de clôturer provisoirement cinq chapitres supplémentaires d’ici la fin de 2025 reflète son engagement en faveur de l’intégration européenne. Il est essentiel de maintenir des progrès constants en matière de réformes et de rechercher un large consensus politique permanent pour atteindre l’objectif du pays de clôturer les négociations d’adhésion d’ici la fin de 2026. Sous réserve du maintien du rythme des réformes, le pays est sur la bonne voie pour atteindre cet objectif.

L’Albanie a réalisé des progrès considérables, avec quatre clusters ayant été ouverts au cours de l’année écoulée. Le cluster restant devrait être ouvert avant la fin de l’année. Des progrès ont été accomplis en ce qui concerne les fondamentaux, en particulier concernant la réforme de la justice, et la lutte contre la criminalité organisée et la corruption. Des efforts soutenus sont à présent nécessaires pour satisfaire aux critères provisoires dans le cadre des fondamentaux, ce qui ouvrira la voie à la clôture des chapitres de négociation une fois que les réformes sectorielles nécessaires auront été réalisées. La réalisation de l’objectif de l’Albanie de conclure les négociations d'ici 2027 dépend du maintien de la dynamique de réforme et de la promotion d'un dialogue politique inclusif.

Malgré la guerre d'agression incessante menée par la Russie, l'Ukraine reste fermement engagée dans son processus d'adhésion à l'UE, après avoir mené à bien le processus de screening et progressé dans la mise en œuvre de réformes clés. Elle a adopté des feuilles de route sur l’état de droit, l’administration publique et le fonctionnement des institutions démocratiques, ainsi qu’un plan d’action sur les minorités nationales. L’Ukraine a rempli les conditions requises pour ouvrir plusieurs clusters : un (fondamentaux), six (relations extérieures) et deux (marché intérieur). La Commission attend de l’Ukraine qu’elle remplisse les conditions nécessaires pour ouvrir les trois clusters restants et s’emploie à faire en sorte que le Conseil soit en mesure de faire avancer l’ouverture de tous les clusters avant la fin de l’année. L’Ukraine doit également continuer à progresser dans la mise en œuvre de nouvelles réformes, en particulier en ce qui concerne les fondamentaux, et dans la lutte contre la corruption.

Face aux menaces hybrides continues et aux tentatives de déstabilisation du pays, la Moldavie a considérablement progressé sur la voie de son adhésion, menant à bien le processus de screening. Le premier sommet UE-Moldavie, qui s’est tenu en juillet 2025, a marqué une nouvelle étape en termes de coopération et d’intégration. La Moldavie a adopté des feuilles de route sur l’état de droit, l’administration publique et le fonctionnement des institutions démocratiques. Selon l’évaluation de la Commission, la Moldavie a rempli les conditions requises pour ouvrir les clusters suivants : un (fondamentaux), six (relations extérieures) et deux (marché intérieur). La Commission attend de la Moldavie qu’elle remplisse également les conditions d’ouverture des trois clusters et s’emploie à faire en sorte que le Conseil soit en mesure de faire avancer l’ouverture de tous les clusters avant la fin de l’année. Il est essentiel de maintenir la dynamique des réformes, renforcée par un soutien parlementaire fort en faveur de la trajectoire européenne du pays à la suite des élections de septembre.

La polarisation de la société serbe s’est aggravée dans le contexte de manifestations de masse qui ont lieu dans toute la Serbie depuis novembre 2024, reflétant la déception des citoyens à l’égard de, entre autres, la corruption et le manque perçu de responsabilité et de transparence, ainsi que des cas de recours excessif à la force contre des manifestants et des pressions exercées sur la société civile. Cela a conduit à un environnement de plus en plus complexe où des discours clivants ont entraîné une grave érosion de la confiance entre les parties prenantes, ce qui, à son tour, a une incidence sur le processus d’adhésion. Les réformes ont considérablement ralenti. Tout en reconnaissant quelques évolutions récentes, telles que la relance de la procédure de sélection du nouveau Conseil de l’organe de régulation des médias électroniques (REM) et les progrès réalisés dans le processus législatif relatif à la loi sur un registre électoral unifié, qui doivent maintenant être achevés et mis en œuvre, il reste encore beaucoup à faire. La Serbie devrait sortir de l'impasse dans laquelle se trouvent le système judiciaire et les droits fondamentaux en général, et inverser de toute urgence la tendance à la régression en matière de liberté d'expression et à l'érosion de la liberté académique.

La Macédoine du Nord a poursuivi ses travaux sur les feuilles de route pour l’état de droit, la réforme de l’administration publique et le fonctionnement des institutions démocratiques, ainsi que sur son plan d’action pour la protection des minorités. La Macédoine du Nord devrait intensifier ses efforts pour faire respecter l’état de droit, en préservant l’indépendance et l’intégrité de la justice et en renforçant la lutte contre la corruption. Le pays doit également adopter les changements constitutionnels nécessaires en vue d’inclure dans la Constitution les citoyens qui vivent à l’intérieur des frontières de l’État et qui font partie d’autres groupes, tels que les Bulgares, comme indiqué dans les conclusions du Conseil de juillet 2022, que le pays s’est engagé à lancer et à réaliser.

En Bosnie-Herzégovine, la crise politique dans l’entité de la Republika Srpska et la fin de la coalition au pouvoir ont compromis les progrès en matière d’adhésion à l’UE, ce qui s’est traduit par des réformes limitées. Néanmoins, les réformes en matière de protection des données et de contrôle aux frontières, ainsi que par la signature de l’accord sur le statut de Frontex, ont pu être menées. Parallèlement, la Bosnie-Herzégovine a présenté son programme de réformes à la Commission en septembre. À la suite des récents changements institutionnels intervenus dans l’entité de la Republika Srpska, la Bosnie-Herzégovine a l’occasion de mener à bien les réformes sur la voie de l’adhésion à l’UE. Pour entamer effectivement les négociations d’adhésion, les autorités doivent finaliser et adopter des réformes judiciaires, en pleine conformité avec les normes européennes, et nommer un négociateur en chef.

Le Kosovo est resté attaché à sa trajectoire européenne, avec un niveau élevé de soutien public. Le retard pris dans la formation des institutions à la suite des élections législatives de février a ralenti les progrès en matière de réformes liées à l’UE. Il est nécessaire de forger une coopération entre les partis et de redéfinir les priorités de ces réformes pour que le Kosovo reprenne sur la voie de son adhésion à l’Union. La normalisation des relations avec la Serbie et la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre du dialogue continuent de faire partie intégrante de la perspective européenne du Kosovo. La Commission est prête à élaborer un avis sur la demande d’adhésion du Kosovo, si le Conseil en fait la demande. Parallèlement aux efforts de désescalade dans le nord du Kosovo, la Commission a pris les premières dispositions pour lever progressivement les mesures prises à l'encontre du Kosovo à en mai 2025. Les prochaines étapes restent subordonnées à une désescalade durable. La Commission a l’intention de continuer à lever ces mesures, pour autant qu’un transfert ordonné de la gouvernance locale dans le nord du pays soit réalisé après le second tour des élections locales et que la désescalade se poursuive.

La Turquie reste un pays candidat et un partenaire clé pour l’UE. Conformément aux conclusions du Conseil européen d’avril 2024, l’UE a fait progresser ses relations avec la Turquie de manière progressive, proportionnée et réversible, en s’attaquant à des priorités communes. La reprise des pourparlers de règlement de Chypre est un élément clé de la coopération. En parallèle, la multiplication des poursuites judiciaires contre des personnalités et des partis d'opposition, ainsi que de nombreuses autres arrestations, soulèvent de sérieuses inquiétudes quant au respect des valeurs démocratiques par la Turquie. Si le dialogue sur l’état de droit reste au cœur des relations entre l’UE et la Turquie, la détérioration des normes démocratiques, de l’indépendance de la justice et des droits fondamentaux doit encore être abordée. Les négociations d’adhésion avec le pays restent au point mort.

En 2024, le Conseil européen a conclu que le processus d’adhésion de la Géorgie à l’UE était de facto interrompu. Depuis lors, la situation s’est fortement détériorée, avec un grave recul démocratique marqué par une érosion rapide de l’état de droit et de graves restrictions des droits fondamentaux. Il est notamment question d’une législation limitant fortement l’espace dévolu à la société civile, portant atteinte à la liberté d’expression et de réunion, et violant le principe de non-discrimination. Les autorités géorgiennes doivent inverser d’urgence leur ligne d’action et entreprendre des efforts globaux et tangibles pour répondre aux préoccupations en suspens et aux réformes clés soutenues par la coopération entre les partis et l’engagement civique, conformément aux valeurs de l’UE. À la suite des conclusions du Conseil européen de décembre 2024 et compte tenu du recul persistant de la Géorgie, la Commission considère la Géorgie comme un pays candidat uniquement de nom. Les autorités géorgiennes doivent faire preuve d’un engagement résolu à inverser le cap et à revenir sur la voie de l’adhésion à l’UE.

 

Contexte 

L'élargissement est un processus rigoureux, équitable et fondé sur le mérite, qui repose sur les progrès objectifs réalisés par chaque pays candidat. L’UE soutient le renforcement des institutions, la gouvernance démocratique et les réformes de l’administration publique dans ces pays.

En favorisant une intégration progressive, l’UE apporte des avantages avant même l’adhésion. Des initiatives telles que le Plan de croissance de 6 milliards d’euros pour les Balkans occidentaux, le Plan de croissance de 1,9 milliards d’euros pour la Moldavie et le Mécanisme pour l’Ukraine (« Ukraine Facility »), d’un montant de 50 milliards d’euros, permettent aux pays de progresser dans leurs réformes et d’établir des liens plus étroits avec l’UE, par exemple grâce à l’intégration progressive et à la participation au SEPA.

Chaque élargissement a renforcé notre Union. Lorsque dix pays ont adhéré à l’UE en 2004, ils ont marqué la plus grande expansion jamais enregistrée par l’Union. Au cours des deux décennies qui ont suivi, les nouveaux arrivants ont vu leur niveau de vie doubler, le chômage diminuer de près de moitié, l'espérance de vie passer de 75 à 79 ans, la pauvreté et l'exclusion sociale reculer fortement et 6 millions d'emplois nouveaux être créés. Pour les membres existants, les échanges commerciaux ont plus que quintuplé depuis lors, tandis que 20 millions d'emplois ont également été créés. Pour l'UE dans son ensemble, le marché unique a gagné 74 millions de nouveaux consommateurs à l'époque et l'économie de l'UE s'est développée de 27 % malgré les crises mondiales.

 

Plus d’informations 

Communication de 2025 sur la politique d’élargissement de l’UE — Élargissement et voisinage oriental

Fiche d’information sur le processus d’adhésion à l’UE

Fiche d’information sur l’état d’avancement des négociations d’adhésion

 

Pour les conclusions et recommandations détaillées, voir : 

Monténégro : Rapport; Fiche d’information

Albanie : Rapport; Fiche d’information

Ukraine : Rapport; Fiche d’information

République de Moldavie : Rapport; Fiche d’information

Serbie, Rapport; Fiche d’information

Macédoine du Nord : Rapport; Fiche d’information

Bosnie Herzégovine : Rapport; Fiche d’information

Kosovo : Rapport; Fiche d’information

Turquie : Rapport; Fiche d’information

Géorgie : Rapport; Fiche d’information

Détails

Date de publication
4 novembre 2025
Auteur
Représentation au Luxembourg