Skip to main content
Logo de la Commission européenne
Représentation au Luxembourg
Article d’actualité23 mars 2022Représentation au Luxembourg

La Commission prend des mesures en faveur de la sécurité alimentaire mondiale et de soutien aux agriculteurs et aux consommateurs de l'Union

  Une personne prenant soin des parcelles cultivées
© Union européenne, 2020 - Photographe: Xavier Lejeune

La Commission européenne a présenté aujourd'hui un large éventail d'actions à court et à moyen terme afin d'améliorer la sécurité alimentaire mondiale et de soutenir les agriculteurs et les consommateurs au sein de l'Union face à la hausse des prix des denrées alimentaires et des coûts des intrants tels que l'énergie et les engrais. La flambée des prix mondiaux des matières premières, encore aggravée par l'invasion russe en Ukraine, souligne la nécessité pour l'agriculture et les chaînes d'approvisionnement alimentaire de l'Union de devenir plus résilientes et plus durables, conformément à la stratégie «De la ferme à la table».

La Commission est déterminée à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire en sorte que l'Union, en tant qu'exportateur net de denrées alimentaires et producteur agroalimentaire de premier plan, contribue à la sécurité alimentaire mondiale, particulièrement en Ukraine, mais aussi en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, des régions qui dépendent largement des importations de céréales, ainsi qu'en Asie et en Afrique subsaharienne. L'Union est l'un des principaux pourvoyeurs d'assistance humanitaire et d'aide au développement en ce qui concerne l'alimentation et les systèmes alimentaires.

La disponibilité de denrées alimentaires n'est actuellement pas en danger dans l'Union, étant donné que le continent est largement autosuffisant en ce qui concerne de nombreux produits agricoles. Notre secteur agricole est toutefois un importateur net de produits spécifiques, par exemple de protéines fourragères. Cette vulnérabilité, conjuguée aux coûts élevés des intrants tels que les engrais et l'énergie fossile, créé des difficultés de production pour les agriculteurs et risque de faire grimper les prix des denrées alimentaires.

Valdis Dombrovskis, vice-président exécutif de la Commission, a déclaré à ce propos:

«La guerre de la Russie contre l'Ukraine a entraîné une multitude de problèmes, y compris en lien avec la sécurité alimentaire mondiale. En matière d'alimentation, il est temps pour l'Europe de faire preuve de solidarité et d'aider l'Ukraine, son peuple et ses agriculteurs, ainsi que les pays importateurs de denrées alimentaires qui sont vulnérables et qui font face à des prix en augmentation et à d'éventuelles pénuries. Nous continuerons à fournir une aide humanitaire pour soulager les souffrances des Ukrainiens en assurant leur accès aux biens et services de base, notamment à la nourriture. Dans le même temps, nous devons éviter toute restriction à l'exportation afin d'empêcher l'envolée des prix des denrées alimentaires. Bien que la sécurité alimentaire dans l'Union ne soit pas en danger, nous devrions tout de même nous pencher sur les questions du coût abordable des denrées alimentaires et prendre des mesures pour rendre notre agriculture et nos chaînes d'approvisionnement plus résilientes et plus durables afin de pouvoir faire face aux crises à l'avenir.»

Janusz Wojciechowski, membre de la Commission chargé de l'agriculture, a pour sa part fait la déclaration suivante:

«Nous ne laisserons pas l'Ukraine seule face à l'agression russe. Notre première priorité est de nous assurer que les Ukrainiens disposent de nourriture, de carburant et d'eau en quantités suffisantes. Nous les aiderons également à continuer de planter et cultiver des céréales et des oléagineux, ressources essentielles pour eux-mêmes et pour le reste du monde, et faciliterons l'exportation de celles-ci. L'Union est un superpouvoir agricole et nous veillerons à ce que nos agriculteurs reçoivent le plein soutien de la Commission pour répondre aux besoins mondiaux en denrées alimentaires. Nous le ferons en parallèle de nos efforts pour rendre nos chaînes d'approvisionnement alimentaires plus durables et plus résilientes face aux crises futures

Renforcer la sécurité alimentaire mondiale

La sécurité alimentaire dans l'Ukraine en guerre est très préoccupante, particulièrement dans les villes assiégées, la Russie semblant délibérément cibler et détruire les lieux de stockage alimentaire.

La Commission aide l'Ukraine à élaborer et mettre en œuvre une stratégie de sécurité alimentaire à court et à moyen terme afin de veiller à ce que les intrants parviennent aux exploitations dans la mesure du possible et à ce que les installations de transport et de stockage soient préservées pour permettre au pays d'alimenter ses citoyens et, en fin de compte, de rétablir ses marchés d'exportation.

Un programme de soutien d'urgence de l'UE de 330 millions d'euros en faveur de l'Ukraine aidera à assurer l'accès aux biens et services de base et contribuera à la protection de la population. Ce programme vise à soulager les souffrances des Ukrainiens en assurant un accès aux biens et services de base ainsi que leur protection. Un autre objectif important sera de reconstruire et de planifier d'un point de vue stratégique l'infrastructure civile à petite échelle et d'assurer la sécurité énergétique.

La Commission assurera un suivi des prix des denrées alimentaires et une analyse régulière de la sécurité alimentaire et poursuivra son engagement au sein des organismes internationaux et multilatéraux (FAO, OMC, G7, G20) dans un souci de coordination des politiques. De plus, l'Union a intensifié l'assistance humanitaire destinée aux régions et aux groupes de population les plus touchés par l'insécurité alimentaire.

Dans le cadre du programme 2021-2027 pour la coordination internationale, l'Union s'efforcera de développer la durabilité des systèmes alimentaires avec environ 70 pays partenaires. En outre, lors du sommet sur la Nutrition pour la croissance qui s'est tenu en décembre 2021 à Tokyo, l'Union et ses États membres se sont engagés à poursuivre la lutte contre la malnutrition pour le montant substantiel de 4,3 milliards d'euros, dont au moins 2,5 milliards d'euros proviennent de la coopération au développement de l'UE dans le cadre d'un objectif nutritionnel au cours de la période 2021-2024.

Par ailleurs, l'Union continuera de plaider vivement contre des restrictions à l'exportation et les interdictions d'exporter des denrées alimentaires et en faveur d'un marché unique qui fonctionne bien.

La crise profonde que nous traversons confirme que nous devons accélérer à l'échelle mondiale la transition du système alimentaire vers la durabilité et la résilience afin d'être mieux préparés aux crises futures. Dans le prolongement du sommet 2021 des Nations unies sur les systèmes alimentaires, la Commission se joindra à huit coalitions qui ont toutes pour finalité la transformation du système alimentaire, la résilience et la croissance durable de la productivité.

Soutien aux agriculteurs et aux consommateurs de l'Union

Pour rendre le coût des denrées alimentaires plus abordable, les États membres peuvent également appliquer des taux réduits de taxe sur la valeur ajoutée et encourager les opérateurs économiques à maîtriser les prix de détail. Ils peuvent en outre recourir à des fonds de l'Union, tels que le Fonds européen d'aide aux plus démunis (FEAD), qui soutient les actions menées par les États membres de l'Union pour fournir de la nourriture et/ou apporter une assistance matérielle de base aux personnes les plus vulnérables.

Dans le cadre du nouveau mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire, qui réunit les administrations européennes et nationales et des acteurs privés tout au long de la chaîne d'approvisionnement, il sera procédé à un recensement détaillé des risques et des vulnérabilités de la chaîne d'approvisionnement alimentaire de l'Union, puis à la présentation de recommandations et de mesures d'atténuation appropriées.

Pour remplir son rôle de fournisseur mondial de denrées alimentaires demeurant pleinement engagé dans la transition environnementale, le secteur agricole de l'Union a besoin de tout notre soutien. À cette fin, la Commission a adopté aujourd'hui les mesures suivantes:

  • une aide d'un montant de 500 millions d'euros, notamment en utilisant la réserve de crise, afin de soutenir les producteurs les plus touchés par les lourdes conséquences de la guerre en Ukraine. Sur cette base, les États membres pourraient apporter un soutien financier supplémentaire aux agriculteurs afin de contribuer à la sécurité alimentaire mondiale ou de remédier aux perturbations du marché dues à l'augmentation des coûts des intrants ou aux restrictions commerciales. Il convient de destiner le soutien en priorité aux agriculteurs engagés dans des pratiques durables, tout en veillant à ce que les mesures ciblent les secteurs et les agriculteurs les plus durement touchés par la crise;
  • une augmentation des avances sur les paiements directs et des mesures de développement rural liées aux surfaces et aux animaux à partir du 16 octobre 2022;
  • des mesures de marché du type «filet de sécurité» pour soutenir le marché de la viande de porc, compte tenu de la situation particulièrement difficile de ce secteur;
  • une dérogation exceptionnelle et temporaire pour autoriser la production de toute culture destinée à l'alimentation humaine et animale sur des terres mises en jachère, sans incidence sur le niveau du paiement vert en faveur des agriculteurs. Cette dérogation permettra d'élargir la capacité de production de l'Union malgré la disponibilité limitée de terres fertiles;
  • une souplesse spécifique vis-à-vis des exigences actuelles en matière d'importation d'aliments pour animaux, qui contribuera, à titre temporaire, à alléger la pression sur le marché de ces aliments.

La Commission a proposé un nouveau cadre temporaire indépendant pour les crises qui couvre également les agriculteurs, les producteurs d'engrais et le secteur de la pêche. Ce cadre permet de fournir des aides d'État aux agriculteurs touchés par des augmentations significatives des coûts des intrants. Les prix des engrais et l'approvisionnement des agriculteurs feront l'objet d'un suivi afin de veiller à ce que les prévisions de récolte dans l'Union ne soient pas compromises.

La Commission propose en outre que les États membres communiquent des données sur les stocks privés de produits de base essentiels à l'alimentation humaine et animale sur une base mensuelle afin d'obtenir en temps utile une image précise de leur disponibilité.

Renforcer la résilience et la durabilité de nos systèmes alimentaires

La durabilité alimentaire fait partie intégrante de la sécurité alimentaire. La Commission veillera à ce que la productivité globale de l'agriculture de l'Union ne soit pas compromise dans la mise en œuvre des transitions nécessaires définies dans la stratégie «De la ferme à la table» et dans la stratégie en faveur de la biodiversité. Pour ce faire, il sera nécessaire de recourir davantage à l'innovation afin de contribuer à accroître les rendements de façon durable, notamment à l'agriculture de précision, aux nouvelles techniques génomiques, à une meilleure gestion des nutriments, à la lutte intégrée contre les ennemis des cultures ou encore aux solutions biologiques pour remplacer les pesticides chimiques.

Il est plus que jamais impératif de renforcer la résilience en réduisant la dépendance énergétique de l'agriculture européenne, de même que sa dépendance à l'égard des importations à forte intensité énergétique et des importations d'aliments pour animaux. Pour assurer la résilience, il est nécessaire de diversifier les sources d'importation et les débouchés grâce à une solide politique commerciale multilatérale et bilatérale. Le programme Horizon Europe investira dans la recherche et l'innovation afin de remplacer les engrais de synthèse utilisés. Une utilisation plus efficace de l'azote, la transition vers l'ammoniac vert pour les engrais et la valorisation de la biomasse figurent parmi les propositions présentées par la Commission. À cet égard, la Commission invite les États membres à faire usage de tous les instruments disponibles dans leurs plans stratégiques relevant de la PAC pour la période 2023-2027, à savoir les outils de gestion des risques, le développement de l'agriculture de précision ou le soutien couplé pour stimuler les cultures de protéagineux.

Pour en savoir plus

Communication intitulée «Préserver la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des systèmes alimentaires»

Annexe de la communication intitulée «Préserver la sécurité alimentaire et renforcer la résilience des systèmes alimentaires»

Questions et réponses sur les mesures adoptées par la Commission européenne

Fiche d'information sur les mesures visant à préserver la sécurité alimentaire et à soutenir les agriculteurs de l'Union

Communiqué de presse sur l'action mondiale en faveur de la transformation des systèmes alimentaires au moyen de huit coalitions dans le cadre du sommet des Nations Unies sur les systèmes alimentaires

Mécanisme européen de préparation et de réaction aux crises de sécurité alimentaire

Détails

Date de publication
23 mars 2022
Auteur
Représentation au Luxembourg